Les sœurs siamoises, Daisy et Violet, sont nées au début du siècle dernier. Enfants illégitimes et handicapées, elles sont condamnées à l’abandon, voire à l’infanticide. Mary Hilton, la sage-femme qui les met au monde, décide de les adopter, plus par cupidité que par charité chrétienne.
Exploitées durant toute leur existence, elles passeront de mains en mains. D’abord monstres de foires, elles deviendront stars à Broadway et finiront dans l’oubli et la misère. Les Sœurs Hilton traite d’un sujet universel : la différence.
« Le monstre » est un sujet qui revient, sous des formes différentes, dans chacun de mes/nos spectacles. Ces êtres, en marge de la société, provoquent chez le spectateur une multitude de sentiments contradictoires qui me passionnent.
Le monstre nous fascine, nous effraie, nous touche, nous dégoûte, nous fait rire puis nous rend honteux d’avoir ri. Il n’a parfois plus rien à perdre, libéré du regard de l’autre, au-dessus des conventions sociales, il nous arrive même de l’envier.
En m’inspirant de la vie des sœurs siamoises Daisy et Violet Hilton, j’ai aussi voulu rendre hommage à la troupe : Celle de ces monstres de foire qui trouvaient en elle un refuge, la famille qu’ils n’avaient jamais eue, mais aussi à la nôtre. En effet, l’univers du cirque et du cabaret met à l’honneur les différents talents et savoir-faire des artistes et techniciens qui nous entourent depuis de nombreuses années.