La vie parisienne est une œuvre grave et légère.
Grave, parce qu'elle dépeint le côté sombre de Paris à l'époque du Second Empire : la dépravation de la bourgeoisie, les orgies, l'argent et ses multiples dérives, la brutalité des rapports de classe, le pouvoir de domination de l'homme sur la femme.
Légère, parce qu'il y a cette extraordinaire musique de Jacques Offenbach, pétillante comme du champagne, émouvante de joie. Parce que le livret d'Henri Meilhac et Ludovic Halévy reste un terrain de jeu enjoué. On y raconte les premiers touristes, perdus dans Paris, et dont la naïveté provoque toutes sortes de quiproquos et entourloupes. Et puis, comme souvent, les personnages les plus malins et sensés s'avèrent être les domestiques, qui s'en donnent à cœur joie pour tromper leur beau monde.
Plutôt qu'édulcorer le propos, j'ai décidé de l'exagérer. De suivre l'exemple de La Fontaine, du dessinateur Grandville : assumer le non assumable en poussant le trait, dénoncer en riant, aller vers le côté primitif de l'humain, vers son animalité.
Valérie Lesort